au cœur de l’ère tertiaire

La grotte aménagée fait partie d’un réseau souterrain dont le creusement remonte au début de l’ère tertiaire, c’est-à-dire il y a environ soixante millions d’années.

Entre cette époque et la nôtre, la cavité a subi une série d’évolutions qu’il est encore bien difficile de reconstituer. Ce que l’on peut dire c’est que les courants d’eau responsables du creusement des galeries et de l’apport d’alluvions se sont progressivement taris suivant en cela l’enfoncement des vallées. En fonction des variations climatiques, la grotte a ensuite été l’objet de phases complexes de remplissages par des matériaux sableux et argileux venus de l’extérieur, alternant avec des phases de recreusement. Le concrétionnement visible actuellement date des derniers millénaires et n’a pu se produire que dans les vides non obturés par le remplissage argilo-sableux.

un spectacle d’une rare qualité

Ce qui fait l’intérêt de cette cavité, c’est la qualité de son concrétionnement.

On appelle ainsi les dépôts minéraux qui se forment sur les parois d’une grotte par recristallisation de la calcite en solution véhiculée par les eaux d’infiltration. Lorsque l’eau suinte au plafond d’une caverne, elle y dépose un petit peu de son calcaire en solution. Au fil du temps, cela donne un assemblage de cristaux de calcite de forme plus ou moins cylindrique dirigé vers le bas et que l’on appelle stalactites. Un dépôt équivalent se produit sur le sol de la cavité lorsqu’une goutte d’eau s’y écrase en formant, petit à petit, ce que l’on appelle des stalagmites. On comprendra que, selon l’importance de la circulation de l’eau, de la forme des galeries souterraines et de certains autres paramètres, ces concrétions pourront prendre des formes extrêmement variées : colonnes, draperies, etc.

Entre curiosité et rareté

Les formes de concrétionnement à la fois les plus curieuses et les plus rares prises par la calcite sont constituées par ce que l’on appelle les excentriques.

Ce type de concrétions présente de fines digitations se tordant dans toutes les directions et semblant défier les lois de la pesanteur. Il est rendu possible par la conjonction de plusieurs paramètres : la porosité particulière de la roche, et un faible débit d’eau constant venant des plafonds. De cette façon (et en simplifiant un peu les choses), l’eau chargée de sels calcaires dissous s’évapore sur la paroi sans tomber au sol (il n’y a d’ailleurs que très peu de stalagmites dans la cavité). Elle suinte lentement en imbibant toutes les porosités de la paroi et des concrétions déjà formées. L’eau est soumise aux forces de capillarité, supérieures à cette échelle à celles de la pesanteur, et elle se dirige aussi bien vers le haut que vers le bas. Elle dépose ainsi ses particules de carbonate dans toutes les directions possibles, créant des concrétions aux formes étonnantes, semblant défier, comme on le dit souvent, les lois de la pesanteur.

une véritable géode

L’effet est particulièrement étonnant et ne s’observe que dans un nombre assez restreint de grottes

où les critères de porosité du calcaire, du débit de l’eau filtrant sur les parois et les conditions du micro-climat de la cavité se trouvent réunis pour permettent leur formation.Ce sont justement des concrétions de type excentrique que l’on peut observer aux Grottes de Maxange. Elles forment des bouquets qui en tapissent les plafonds et les parois sur une bonne longueur. Leur profusion, la délicatesse de leur forme, leur pureté étincelante sous la lumière en font un spectacle d’une rare qualité qui justifie pleinement le projet d’aménagement.

Une découverte récente

Juillet 2000

Une simple carrière ? Pas si sûr ...

La carrière de Mestreguiral, qui constitue le site des Grottes de Maxange, était exploitée pour la pierre à bâtir depuis deux générations par la famille Caballero. En juillet 2000, les travaux d’extraction mettent à jour une cavité exiguë qui semble s’enfoncer dans l’intérieur du massif. Aiguillonné par une providentielle curiosité, Angel Caballero, aidé de quelques amis, décide d’agrandir le boyau obstrué de terre

Août 2000

La belle surprise

Après trois séances de labeur acharné à quatre pattes, les spéléologues improvisés débouchent dans une galerie beaucoup plus vaste où ils peuvent se relever. Ô stupeur : des cristallisations naturelles scintillent dans toutes les directions où porte le faisceau de leurs lampes !

Août 2000

Une histoire de famille

Angel Caballero vient de découvrir la première des grottes auxquelles il donna, par la suite, le nom de Maxange en mémoire de son père qui démarra la carrière. Maxange est, en effet, la contraction de Maximilien, prénom de son père et du sien, Angel. La trouvaille est signalée à la Direction des Antiquités préhistoriques qui confirme, grâce à son examen par les meilleurs spécialistes en la matière, que la cavité n’offre aucun vestiges de la présence ancienne de l’homme. Seules, quelques griffades d’ours des cavernes sont remarquées. Par ailleurs, l’intérêt des concrétions qui revêtent les plafonds et les parois de la grotte est souligné.

Août 2000

Découverte de la Grotte

Février 2001

Début des travaux d'aménagement

Avril 2003

Ouverture au public

Mars 2013

Maxange est classé au patrimoine National